22 août 2007

Hurricane Dean:

C'est le premier cyclone de la saison 2007 qui a traversé l'Atlantique tropical. Il s'est formé au large de la côte africaine sous les îles du Cap Vert autour du 10 août. Il a été classé en catégorie 5 et a fait des ravages dans les Antilles ainsi que sur la côte mexicaine, qu'il a atteint le 21 août.

Les cyclones du Cap Vert sont connus pour faire partie des plus puissants du bassin Atlantique.

Mon travail de thèse consiste à comprendre comment ces cyclones se forment... ou pas. Avec Dean, j'ai donc un beau cas d'étude en perspective!

Petit résumé du contexte météo dans lequel ces cyclones naissent:
Pendant tout l'été, le flux de mousson provenant du golf de Guinée apporte de l'humidité sur le continent africain, ce qui entraîne la formation de gros nuages associées à d'importantes précipitations (variables suivant les années...). En Afrique de l'ouest, le vent d'altitude est globalement d'est (à l'inverse des moyennes latitudes où il est plutôt d'ouest). Du coup, les perturbations, dites "convectives", sont emportées vers la côte Atlantique (Sénégal, Nouvelle Guinée). Ces perturbations portent le nom de "lignes de grain".
La plupart de ces sytèmes convectifs se dissipent en arrivant sur l'océan. Mais certains, comme Dean, ont une évolution "cyclogénétique".
Pourquoi?
C'est la question à laquelle il faudra que je réponde, au moins partiellement, dans 2 ans maintenant...

Ca me fait plaisir de vous montrer des images satellites, retrafiquées à partir d'images disponibles gratuitement sur le site de Dundee, pour suivre l'évolution de Dean.

topo sur les images sat:
Il s'agit du satellite Meteosat Second Generation (MSG) en orbite géostationnaire centré sur l'Afrique, qui fournit des images toutes les 15', pour 12 longueurs d'ondes différentes (allant du visible à l'infra rouge, en passant par le canal d'absorption de la vapeur d'eau). Le canal d'absorption de la vapeur d'eau (6.85-7.85 µm) est trés intéressant vu que la radiance mesurée correspond à ce qui est diffusé uniquement par le sommet des nuages. Cette radiance peut-être convertie en température "de brillance" (formule du corps noir de Planck...) , ce qui donne une information sur l'altitude du sommet des nuages (plus c'est haut, plus c'est froid). On peut donc repérer les zones où le développement convectif a été intense.
Malheuresement, Dundee fournit ces images uniquement toutes les 6h, et ces images ont en plus subies une égalisation d'histogramme pour réhausser le contraste. Du coup il n'éxiste plus de formule simple pour retrouver la température de brillance avec les images de Dundee. Tout ce qu'on peut dire, c'est que les zones blanches correspondent à des nuages qui ont un sommet trés haut en altitude. Les zones sombres indiquent des endroits où il n'y a pas de nuage et où l'air est trés sec (air saharien par exemple). L'observation des images Dundee reste un travail préliminaire intéressant.









Dundee a du avoir un problème pour récupérer les images satellites entre le 11 août à 06h00 et le 13 août à 06h00, vu qu'elles ne sont pas sur le site. C'est dommage car c'est juste le moment où la perturbation convective se transforme en cyclone au niveau des îles du Cap Vert. Heureusement qu'il y a un autre moyen pour récupérer ces images.



















Lorsque les images brutes avec une résolution temporelle de 15' seront disponibles, on pourra convertir tout ça en température de brillance, et étudier de plus prés l'évolution des développement convectifs au sein de cette perturbation (notamment les redéveloppements convectifs dans la partie stratiforme...).

Aprés cette première étape d'observation, il faudra passer à la modélisation. Les images satellites serviront aussi à délimiter la zone de la simulation.
Qaund la simulation aura tournée, il sera possible de recalculer une image satellite telle qu'on la verrait avec l'atmosphère simulée. La comparaison avec les vraies images satellites permettra de faire de la validation.
Quand l'étape de validation est franchie, on peut alors faire tous les caculs inimaginables avec les champs 3D de l'atmosphère simulée, et mettre en évidence les mécanismes prépondérants intervenants dans la cyclogénèse, mettant en jeu des paramètres tels que: l'air sec saharien, le vent d'altitude, les ondes d'est, la convection, le flux de mousson, l'orographie. Tout ceci est un problème d'interaction d'échelles, comme je l'avais expliqué dans un message précédent.

4 commentaires:

Nicolas a dit…

Cool mon gars, tu te gaves !
Cramkin

jojo a dit…

on en reparlera dans 2 ans!

Anonyme a dit…

Très intéressant tout ceci... Continue à publier tes réflexions, je suis un lecteur assidu ! JB

jojo a dit…

t'inquiète pas, ce n'est certainement pas le dernier message que je poste sur mon boulot!